La Banque africaine de développement (BAD) a déclaré que la quatrième révolution industrielle (4IR) en cours pourrait transformer l’économie africaine, accroître sa productivité et améliorer son commerce mondial.

Selon la BAD, cela améliorerait considérablement le bien-être des citoyens africains et les rendrait plus compétitifs.

La BAD, dans son étude « Libérer le potentiel de la quatrième révolution industrielle en Afrique », met l’accent sur le Nigéria, le Cameroun, le Maroc, l’Afrique et l’Ouganda. Elle estime que ces pays, en particulier le Nigéria, représentent « la combinaison des différentes forces et faiblesses des pays africains ».

Le 4IR, un changement fondamental

Un nouveau chapitre du développement humain, rendu possible par des avancées technologiques extraordinaires à la mesure de celles des première, deuxième et troisième révolutions industrielles.

Ces avancées fusionnent les mondes physique, numérique et biologique de manière à créer à la fois d’énormes promesses et des risques potentiels.

Selon la Banque régionale de développement, l’Afrique n’a pas pu, par le passé, bénéficier et tirer parti des opportunités créées par les révolutions industrielles précédentes. Elle a souligné que cela affaiblissait sa position vis-à-vis des concurrents internationaux.

À la lumière des avantages et des défis posés par le 4IR, la BAD a noté que l’Afrique ne peut pas se permettre de manquer les opportunités créées par la révolution.

Selon la BAD, avec un nombre croissant d’utilisateurs professionnels et de consommateurs finaux, le 4IR commence à devenir une réalité en Afrique.

Des études menées en 2015, prévoyaient une forte croissance des start-ups technologiques africaines, identifiant 3500 nouvelles entreprises liées à la technologie et un milliard de dollars de capital-risque prévu d’ici 2018.

En 2019, il a été révélé que la réalité avait dépassé les prévisions. Environ 6500 start-ups technologiques ont été identifiées sur le continent, dont environ 10% développent des applications 4IR (712 start-ups).

Ils ont reçu 210 millions de dollars en investissements en capital-risque sur un total de 2,27 milliards de dollars d’investissements dans des start-ups technologiques.

Toutefois, la BAD a noté que toutes ces startups ne sont en aucun cas focalisées sur le 4IR (beaucoup sont dans le domaine de la numérisation) mais la base de la croissance de l’Afrique en 4IR est déjà là.

Du côté de l’offre

Le rapport de la BAD a noté que l’Afrique ne peut pas à ce jour être caractérisée comme un producteur de technologies 4IR, mais plutôt comme un consommateur de technologies produites et développées ailleurs.

Ces produits et services sont souvent développés par des entreprises ou start-ups étrangères (ex: Thales, Airbus, Zipline) mais également par des entreprises ou start-ups africaines pour répondre à la demande africaine.

Il a souligné que l’importante population de l’Afrique, qui devrait doubler d’ici 2050 pour atteindre 2,4 milliards de personnes, représente à la fois une source de données pour alimenter l’innovation dans les technologies 4IR ainsi qu’un marché précieux « dormant ».

Selon la même analyse, il existe une marge de croissance du côté de l’offre, car les produits et services proposés en Afrique se situent bien en dessous des niveaux de demande estimés.

Bien qu’il n’y ait pas de données disponibles sur le chiffre d’affaires des entreprises proposant des applications 4IR, l’examen du niveau actuel des investissements en capital est une première étape pour ajuster les niveaux actuels de l’offre.

Il a souligné que certaines technologies 4IR perturbatrices majeures pour l’Afrique – à savoir l’intelligence artificielle (IA), l’Internet des objets (IoT), le Big Data, l’impression 3D, la blockchain et les drones.

Les défis

Cependant, le Nigéria et d’autres pays sont confrontés à des défis clés pour débloquer le 4IR en Afrique :

  • la formation initiale;
  • le recyclage du capital humain;
  • la gouvernance, politique et réglementation;
  • mener le progrès des marchés des technologies de l’information et de la communication (TIC);
  • développer des systèmes de soutien à l’esprit d’entreprise et à l’innovation.

Du côté de l’offre, la portée et la vitesse réduites d’Internet sur le continent entravent l’adoption des technologies 4IR.

Du côté de la demande, un grand nombre de particuliers et de ménages n’utilisent pas ou n’ont pas d’appareils pour accéder à Internet.

Scénarios possibles

1-  Maintenir le statu quo et rater la révolution

Comme l’a fait l’Afrique pour les trois précédentes révolutions industrielles. L’analyse de l’étude rejette ce scénario. Cela ne serait ni bénéfique pour le développement de l’Afrique ni rationnel étant donné sa capacité à participer au 4IR.

2- Contourner les autres stades de développement et passer directement au 4IR : La BAD a noté que même si cette voie représente des défis à surmonter, le Nigéria, le Cameroun, l’Afrique du Sud et d’autres ont plus à gagner en prenant les mesures nécessaires pour déverrouiller le 4IR. 

Il faudrait pour cela impérativement passer par la troisième révolution industrielle numérique pour s’assurer qu’il dispose de l’infrastructure numérique pour soutenir le 4IR.

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